Hyundai leader mondial de l’hydrogène en 2030 ?

(Paris, les 20 décembre 2018)

Challenger sérieux de Toyota, le constructeur coréen Hyundai entend développer la technologie et la mutualiser auprès d’autres constructeurs, y compris en dehors de l’automobile.

Considérée encore par ses détracteurs comme non mature et au stade de l’expérimentation, la technologie de la pile à combustible gagne pourtant du terrain dans le domaine de la mobilité. Elle est envisagée clairement pour la mobilité lourde, de l’utilitaire au train, en passant par les camions, les bateaux et même les avions. En clair, l’hydrogène fait sens là où la batterie se montre trop limitée, pour des questions de capacités, de poids et de temps de recharge.

Dans le domaine de la voiture particulière, la compétition est rude avec les batteries. Mais là encore, l’histoire reste à écrire. La montée en puissance des taxis Hype en Ile-de-France, avec une flotte composée de Hyundai ix35 FC et de Toyota Mirai, est un bon exemple du rôle que peut jouer l’hydrogène (dès lors que les stations suivent l’augmentation du parc). Les professionnels peuvent aussi accompagner cette migration vers le « zéro émission », avec des flottes captives avant de pouvoir vraiment toucher le grand public.

Même si Toyota a été le premier à proposer une voiture à hydrogène née d’une feuille blanche, en 2015, Hyundai souligne qu’il a commencé à produire ses premiers véhicules en 2013. L’arrivée de la Nexo, lancée en 2018, est l’occasion de remettre les compteurs à zéro. Et si l’accueil de ce modèle a été bon, la marque souhaite très vite monter en cadence.

Ainsi, sa filiale Mobis (un équipementier) prévoit de passer d’une capacité de 3 000 piles à combustible par an à 40 000 en 2022. Les ambitions sont encore plus grandes en vue de 2030. A cet horizon, la marque coréenne prévoit de produire 500 000 véhicules par an, à la fois des voitures et des utilitaires. S’appuyant sur les projections de McKinsey, Hyundai est convaincu que l’hydrogène va décoller dans le monde. C’est aussi pour cela que la Corée du Sud mène une stratégie très volontariste sur les stations de remplissage.

Le constructeur coréen se fixe tout simplement l’objectif de devenir le leader de ce marché. Dans cette perspective, il va investir près de 6 milliards d’euros dans la recherche et le développement de ses capacités de production. L’avantage est que le groupe maîtrise toute la chaîne.

Il veut en fait produire 700 000 piles à combustible par an d’ici 2030. Hyundai entend en faire profiter d’autres constructeurs (comme par exemple Audi avec qui il a un partenariat), mais aussi les fabricants de drones, de chariots-élévateurs, ou encore de navires.

En comparaison, d’ici à 2030, Toyota a l’intention de vendre plus de 5,5 millions de véhicules électrifiés, dont plus de 1 million de véhicules zéro émission (à batterie et à hydrogène).