Nissan Leaf : un big bang pour conserver l'avantage.

La nouvelle Leaf progresse sur tous les points et vient résolument marcher sur les plates-bandes de la Tesla Model 3.

Adieu les lignes torturées, Nissan a choisi un design plus neutre avec un modèle de série qui dérive directement du concept IDS, déjà aperçu il y a deux ans. La Leaf ressemble plus à une berline, dans le style de la Hyundai Ioniq (qui se décline justement en électrique). Et elle soigne son aérodynamisme avec un Cx de 0,28.

Mais, le plus important est ce qui se passe à l’intérieur, et surtout sous le capot. La Leaf voit son autonomie augmenter, avec une batterie de 40 kWh, dont la densité énergétique a été améliorée de 67 % tout en gardant la même taille. Elle atteint ainsi près de 400 km (378 km) selon le cycle d’homologation, c’est-à-dire 300 km réels. Ce sont des performances proches de la Renault ZOE, sauf que le moteur est deux fois plus puissant, avec 150 ch (110 kW). Le ton est donné face à Tesla et sa Model 3, d’autant que le constructeur japonais a aussi fait en sorte de doper l’accélération, avec un couple de 320 Nm (+26 %). Et pour enfoncer le clou, Nissan annonce qu’il proposera fin 2018 une autre version, encore plus puissante (avec une batterie de 60 kWh portant l’autonomie à 567 km). Encore un message pour Elon Musk…

La compétition avec la Model 3 se situe aussi au niveau des aides à la conduite. La Leaf va bénéficier de la technologie Pro Pilot (déjà inaugurée au Japon sur un monospace), qui permet de gérer la conduite sur voie rapide, avec un guidage dans la file, sans que le conducteur n’ait à toucher les pédales. Le système, qui nécessite de garder les mains sur le volant, fonctionne de 0 à 100 km/h, jusqu'à l'arrêt complet en cas de bouchon. Une version Pro Pilot Park permet par ailleurs de stationner également en mode automatisé.

La Nissan Leaf peut aussi faire valoir d’autres arguments. L’une des spécificités vient par exemple de sa pédale intelligente (la e-pedal), qui permet de ralentir la voiture sans toucher au frein. Il suffit de lever le pied de l’accélérateur pour déclencher le frein moteur (jusqu'à 0,2 g) jusqu’à l’arrêt total. Le système permet aussi d’immobiliser la Leaf en côte et de l’empêcher de reculer, par exemple à un feu rouge. Son écran de bord s’ouvre à CarPlay, ce qui permet aux utilisateurs d’iPhone de relier leur mobile à la voiture. Dans certains pays, il sera aussi possible de dialoguer avec le réseau électrique et de faire du « vehicule to grid » (V2G), afin de stocker dans la batterie le courant électrique issu des énergies renouvelables, pour le redistribuer ensuite.

En résumé, Nissan entend bien conserver sa place de leader de la voiture électrique, en amplifiant les ventes de la Leaf qui s’est écoulée depuis son lancement en 2010 à quelque 300 000 exemplaires.

> L'électrique : une énergie encore peu développée en entreprise