A quand un véhicule électrique bon marché ?

Bien que bénéficiant d'une très large médiatisation, le véhicule électrique ne progresse que très lentement. L'un des leviers pour sa démocratisation réside dans le TCO, qui devrait se rapprocher dans quelques années de celui d'un véhicule thermique. 

Si l'on en croit les experts ainsi qu'une étude réalisée pour le compte du BEUC (Bureau européen des associations de consommateurs) par le cabinet de conseil Element Energy, le Total Cost of Ownership (TCO) entre l'électrique et le thermique va converger entre 2020 et 2030. Ce sera dès le début de la prochaine décennie pour les plus optimistes, plutôt vers 2025 pour les autres. 

Ce calendrier s’explique par l’abaissement des normes de CO2 (95 g en 2021, autour de 75 g après 2025), qui va renchérir le prix des modèles essence et Diesel et inciter les constructeurs à développer encore plus l’électrification. D’un autre côté, à l’image de Tesla avec sa giga factory, mais aussi de Mercedes, qui investit dans les usines de batteries, l’élément le plus stratégique de la voiture électrique –à savoir la batterie- devrait voir son coût de revient baisser de façon significative.

De plus, le marché chinois va favoriser l’apparition de modèles low cost, tant chez Renault que chez Nissan. Mais, ces versions ne sont pas prévues pour l’Europe.

En attendant, la voiture électrique demeure plus chère. A moins d’opter pour des modèles bien plus basiques et dont l’usage est exclusivement professionnel.

Pour sa part, Bosch estime que l’avenir est aux petits véhicules électriques. L’équipementier pense que l’on va davantage s’orienter vers des véhicules de la taille d’une Smart, et qui pourraient être utilisés en autopartage.  Nous avons eu l’occasion de rouler dans un véhicule de ce type, produit par e.GO (modèle Life, d’un poids de 1100 kg dont l’autonomie est de 130 km à 170 km). Son prix est de 15 900 €. De même, nous avons pris le volant du Streetscooter Work, cet utilitaire électrique qui a été développé pour la Deutsche Post. C’est rustique, mais le véhicule assure des livraisons dans un rayon de 80 km et pour un coût bien inférieur. Le même Bosch croit aussi au potentiel du scooter électrique, qu’il propose depuis cet été à Paris en location libre-service.  Le service, lancé par sa filiale Coup, existe déjà à Berlin.

En mode partagé, tous ces nouveaux modes de déplacement électriques pourraient remplacer ou s’avérer complémentaires à la voiture classique qui reste garée pendant 95 % du temps.