Tester une voiture connectée, c'est possible

(Paris, le 2 mai 2018)

Renault et PSA proposent sans surcoût de tester la communication entre véhicules et avec l’infrastructure, dans le cadre d’une expérimentation à travers cinq régions de France.

Lancé en 2014 par le ministère des Transports, le projet SCOOP a mis un certain temps pour aboutir, mais il fait entrer la France dans une nouvelle ère de mobilité connectée. Sur 2 000 km de routes, des balises connectées ont été implantées pour relayer des informations en temps réel sur des événements pouvant impacter le trafic. La communication se fait par une liaison sans fil de type Wi-Fi et connue sous le nom d’ITS-G5 : un standard que la Commission Européenne veut promouvoir pour rendre l’infrastructure connectée. 

La France a choisi 5 zones-test qui sont l'Île-de-France (A86 et la Francilienne), l’Est (entre Paris et Strasbourg sur l’A4), la Bretagne (routes nationales et départementales de Nantes à Rennes, et en direction de Saint-Malo et Saint-Brieuc), la rocade de Bordeaux et l’Isère (routes secondaires dans les territoires de montagne). Les données peuvent concerner des bouchons, des accidents, des chantiers ou des alertes liées à la météo.

A proximité des zones de test, les particuliers et les entreprises qui le souhaitent, peuvent s’inscrire sur le site Internet dédié au projet pour demander à devenir des testeurs. Les gestionnaires de flottes pourront faire l’acquisition d’une Mégane. Renault en a produit un millier d’exemplaires avec un terminal R-Link, compatible avec les informations du projet SCOOP. Chez PSA, on a fait le choix d’équiper en après-vente les clients qui roulent en Citroën C4 et DS4. Dans les deux cas, le surcoût est à la charge du constructeur.

A bord de ces voitures, on peut donc recevoir en temps réel des alertes liées au trafic en provenance des bornes. L’information va dans l’autre sens, puisque le conducteur peut à son tour déclarer un incident. L’alerte sera alors transmise aux véhicules à la ronde (dans un rayon de 300 à 800 m). Il est à noter que la voiture pourra aussi échanger à la volée des données avec les bornes en bord de route, ces informations pouvant s’avérer très précieuses pour les gestionnaires d’infrastructure. 

Alors que certains constructeurs (Audi, BMW, Mercedes, groupe Volkswagen) ont commencé à déployer (ou prévoient de le faire) ce type de communication V2X, l’industrie automobile française va pouvoir bénéficier d’un retour d’expérience à large échelle. Les pouvoirs publics ont souhaité prendre du temps pour garantir l’anonymisation des données et éviter le piratage des messages.  Ce test permettra aussi de valider l’apport en sécurité routière des nouvelles technologies.