L'hydrogène redémarre !
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Pierre Beuzit, PDG d’Alphea Hydrogen et du CNRT Ineva « On assiste à un redémarrage de l’hydrogène »
Est-ce que l’augmentation du prix du pétrole crée des conditions favorables pour le développement de l’hydrogène ? « Il est vrai que beaucoup de gens se posent des questions, quand on voit que des médias sérieux évoquent un baril de pétrole à 200 ou 300 $. Jusqu’à présent, les constructeurs ont essayé d’apporter des réponses à court terme aux problèmes qui pouvaient se poser. Il y a eu le diesel, les biocarburants de première génération et l’hybride. On a pu voir que ces solutions n’avaient apporté guère de résultat. Aujourd’hui, on parle beaucoup de voitures électriques, en raison de l’effervescence qui règne autour des batteries lithium-ion. Mais, il faut bien voir que les batteries ne vont pas tout résoudre. La voiture électrique ne concernera que des flottes captives et des entreprises. Elle restera chère et les batteries seront d’ailleurs facturées à part, sous forme de location. En attendant l’arrivée des biocarburants de seconde génération, qui vont bien nécessiter encore au moins 5 ans de recherche, il est vrai que l’on reparle de l’hydrogène. Les français découvrent même au passage que ce carburant du futur est déjà là ». Où en est-on dans le développement de l’hydrogène ? « La production mondiale est en forte croissance depuis deux ou trois ans. Elle explose tellement qu’Air Liquide a annoncé récemment l’ouverture d’un nouveau site de production en Europe. Pour le moment, l’hydrogène produit dans le monde concerne la seule industrie chimique. Il est d’ailleurs utilisé dans l’industrie pétrolière, où il sert à désulfuriser l’essence. Il n’existe pas encore d’infrastructure pour le grand public et le point de blocage concerne les stations de distribution. Pourtant, l’hydrogène a tout sur le papier pour s’imposer. Il permet à la fois de s’affranchir de la dépendance énergétique, dans la mesure où on le trouve partout sauf dans l’air, et de préserver l’environnement. Je précise au passage que, sur les 5 milliards de $ dépensés chaque année en matière de recherche sur l’hydrogène, les deux tiers sont financés par les constructeurs automobiles ». Quid de la voiture à hydrogène aujourd’hui ? « Honda vient de lancer la production de la FCX Clarity, qui est disponible en location aux Etats-Unis. Renault vient pour sa part de présenter une Scenic à pile à combustible, avec de la technologie empruntée à Nissan. Ce partenaire japonais a un centre de recherche dédié et peut s’appuyer sur des stations à hydrogène dans la région de Yokohama. PSA travaille aussi sur le sujet et dispose d’un centre de recherche à Poissy. Techniquement, il y a eu des progrès. En fait, l’hydrogène est devenu un sujet de société. Il a fallu 100 milliards de $ aux américains pour aller sur la lune et 300 milliards de $ pour déployer l’infrastructure liée au téléphone portable. L’hydrogène est une véritable révolution. Mais, il faudra une démarche globale – européenne, sinon mondiale – pour assurer son succès. Il faudra que l’intendance suive, mais après un creux relatif en 2007, c’est un sujet qui revient très fort ». Accès au site d'alphea
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