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« L’hydrogène a sa place à côté du véhicule électrique »

Philippe VannsonInterview

 

Philippe Vannson, directeur du FHJU (Fuel Cell and Hydrogen Joint Undertaking), l’entreprise commune en Europe sur la pile à combustible et l’hydrogène


L’hydrogène s’affiche à Copenhague, dans le cadre de la conférence sur le climat, avec des démonstrations de véhicules. Est-ce que cette forme d’énergie peut aider à réduire les émissions de CO² ?

« Assurément, la pile à combustible et l’hydrogène ont un grand potentiel pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ces technologies ne vont pas seulement servir à utiliser de l’énergie renouvelable dans le transport, elles vont également jouer un rôle important dans le stockage d’énergie, la production d’énergie distribuée et en aidant l’Europe à gérer les sources d’énergie intermittentes comme l’éolien par exemple. Avec la croissance du marché, nous pensons que la pile à combustible et l’hydrogène peuvent contribuer à l’objectif de l’Union Européenne qui est de réduire de 80 % les émissions de gaz à effet de serre en 2050. Mais bien sûr, contrairement aux énergies fossiles qui demeurent bon marché malgré leur empreinte carbone, les énergies propres comme l’hydrogène ne peuvent pas devenir compétitives sans un soutien fort ».

Pensez-vous que l’on verra bientôt sur la route des véhicules à hydrogène ? Certains constructeurs se sont déjà engagés…

« Pour le secteur automobile, l’objectif est de réussir à lever certains obstacles liés à la technologie, afin de permettre à l’industrie de prendre les décisions en vue d’une production de masse que nous visons pour la période 2015-2020. D’autres initiatives vont dans le même sens comme le récent protocole H2 Mobility en Allemagne, signé par un certain nombre de constructeurs et de fournisseurs d’énergie, ou encore le programme national allemand sur l’hydrogène (NIP). Ils envoient un signal fort, synonyme d’un pas en avant et d’une commercialisation proche. A partir de ce pays, on va voir apparaître un réseau de distribution dès 2011 et l’arrivée sur le marché des premiers véhicules vers 2015. Avec la FCH JU, des régions européennes et des villes introduisent également l’hydrogène dans le transport public. Bien qu’il y ait encore un certain nombre de problèmes à surmonter, on n’est plus très loin d’un premier stade de commercialisation ».

Aujourd’hui, on parle surtout de la voiture électrique. Est-ce que la Commission soutient vraiment l’hydrogène ?

« Les véhicules électriques à batteries et les véhicules à pile à combustible ont tous les deux leur place pour une mobilité plus propre. Le point de vue de la concurrence est quelque peu déplacé, car, au final, les voitures à hydrogène sont également électriques et partagent des composants communs avec leurs homologues à batteries. L’avantage de la pile à combustible et de l’hydrogène, c’est que l’autonomie est bien supérieure, ce qui permet à la fois de circuler en ville, mais aussi sur de longues distances. S’il fallait remplacer d’un coup toutes les voitures en circulation par des modèles « zéro émission », le réseau électrique ne pourrait pas supporter le choc. Il ne faut pas oublier que l’hydrogène n’est pas destiné au seul transport. Il peut avoir bien d’autres applications et se substituer au pétrole. De plus, il peut être produit à partir de sources d’énergie aussi diversifiées que la biomasse ou encore les hydrocarbures avec séquestration de carbone ».

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