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« Il faut être plus ambitieux sur la voiture électrique »

Marc Teyssier d'Orfeuil, Club des Voitures EcologiquesInterview

 


Marc Teyssier d’Orfeuil, délégué général du Club des Voitures Ecologiques

 

Votre Club vient de fêter son premier anniversaire. Quelle est sa vocation ?

« Auparavant, nous animions une autre association qui avait pour nom l’APPV (Association pour la Place de la Petite Voiture en ville). En ce qui me concerne, j’anime d’autres clubs et en tant qu’ancien élu de Paris, j’ai eu l’occasion de m’intéresser à la mobilité. J’ai par exemple traité le cas des vélos dans les parkings à Paris avec l’association Roue Libre, celui du GPL dans les parkings ou encore le stationnement à demi-tarif pour les Smart. L’organisation du Grenelle de l’Environnement a permis de mesurer que notre association était sous-dimensionnée et qu’il fallait passer à autre chose ; d’où la naissance de ce Club des Voitures Ecologiques en juin 2008. Avec Serge Lepeltier, l’ancien ministre de l’Environnement en président d’honneur, des députés et des sénateurs, notre club a pour vocation de faire le lien entre les industriels et les politiques. Nous avons parmi nos membres des constructeurs automobiles (Smart, mais aussi Renault et Saab), le Comité Français de Butane et de Propane, l’Association Française pour le Gaz Naturel, ou encore la Confédération Générale des planteurs de Betteraves. Le Club des Voitures Ecologiques est un think tank sur la mobilité urbaine ».

Quelles sont vos propositions ?

« La première d’entre elles est un disque vert, qui permet aux utilisateurs de véhicules propres de bénéficier d’1h30 de stationnement gratuit. Il a été lancé à Bordeaux, devrait être prochainement appliqué à Alès, et concerner 5 à 6 villes supplémentaires d’ici la fin de l’année. Ce type d’initiative permet de réserver des emplacements verts en ville et de transformer les hypercentres en des lieux écologiques. Nous voudrions également favoriser un prêt à taux zéro pour les véhicules propres. Il y a toute une réflexion au niveau national et certaines mesures ont été prises, comme le bonus-malus. Mais, le Club est plus en prise avec le terrain et s’intéresse au quotidien des Français. Par exemple, nous arrivons à fédérer des acteurs tels que les fournisseurs d’énergie pour les inciter à coopérer avec les collectivités et les constructeurs automobiles. L’idée est ainsi de proposer des prises de recharge en bas des poteaux d’éclairage public, pour profiter d’une infrastructure existante. Techniquement, il est possible de proposer une prise tous les 60 m dans les rues de toutes les villes de France, et pas seulement quelques-unes pour des flottes. D’ailleurs, certaines villes envisagent de rendre obligatoire un tel dispositif. Il n’est pas forcément nécessaire de tout changer pour favoriser l’apparition de la voiture électrique ».

Justement, y a-t-il une prise de conscience aujourd’hui à propos de l’infrastructure destinée à accueillir les véhicules électriques et hybrides ?

« Notre rôle est de jouer le rôle de médiateur et de faire du lobbying. Les politiques se méfient aujourd’hui des effets d’annonce des constructeurs à propos du véhicule électrique et ont eu parfois des expériences malheureuses dans le passé. Nous attendons les conclusions du rapport Legrand sur les véhicules décarbonés, mais nous pensons qu’il faut sauter le pas et aller vers le grand public. Il faut être plus ambitieux au lieu de limiter la place du véhicule électrique à quelques entreprises et collectivités. Il y a une attente du public, à condition toutefois que cette voiture propre soit si possible moins chère. Les politiques sont sensibles à la question de la pollution en ville et du CO². C’est la raison pour laquelle il faut proposer des véhicules adaptés, avec pourquoi pas de petites voitures électriques pour la ville, et d’autres modèles pour les champs. Une solution pourrait être par exemple de favoriser l’hybride rechargeable, qui permet de rouler à l’électrique en ville, et de pouvoir rouler ensuite sur le moteur thermique pour de plus longues distances. Notre ambition est de faire le lien entre les stratégies nationales et le local ».

 

 

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