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« Les clients de voitures électriques vont devoir accepter une autonomie limitée »

Pierre Loing, NISSAN Interview

 

Pierre Loing, Vice-Président Product Planning, Nissan Europe

 

 

Renault et Nissan font beaucoup d’annonces autour de la voiture électrique. Pourquoi assiste-t-on à une telle accélération autour des projets ?

« Nous avons, il est vrai, beaucoup de projets avec Israël, le Danemark, le Portugal, Monaco, Londres, les Etats-Unis et le Japon. Cette accélération est due au fait que nous arrivons à des technologies acceptables en matière de batteries. Nous allons lancer dès la fin 2010 notre première voiture électrique aux Etats-Unis, où le « ZEV mandate » va s’appliquer. Ce sera un modèle unique et dédié, et non un modèle existant que l’on va électrifier. Les autres pays seront concernés dès 2011. La voiture électrique est prête, mais les clients vont devoir accepter une réduction significative de l’autonomie. Nous proposons un rayon d’action de 150 km pour un véhicule capable de transporter 4 personnes. Il faudra veiller à ne pas solliciter trop certains équipements, dont la climatisation, pour garder de l’énergie. Mais, des progrès vont arriver dans les prochaines années. Nous avons une certaine visibilité, grâce à notre partenaire NEC avec lequel nous avons monté une joint venture : AESC. Beaucoup de monde travaille aujourd’hui sur les batteries et la voiture électrique. Il n’est pas exclu d’avoir prochainement une innovation de rupture ».

Dans vos projets, les pays ou les collectivités locales s’engagent sur des infrastructures de recharge. C’est important pour assurer le succès de la voiture électrique ?

« Oui, c’est un facteur qui adoucit les contraintes. Comme je le disais, l’autonomie sera limitée au début. Mais, si on peut facilement recharger les batteries, ce sera plus facile. Au Japon, il y a une volonté et un plan de développement des bornes de recharge. Nous regardons également ce que qui se passe en France avec le gouvernement, même si c’est plutôt Renault qui a la main sur ce dossier. C’est bien que la puissance publique aide l’industrie autour de tels projets. Les constructeurs mettent beaucoup d’argent sur la table et c’est un véritable pari sur l’avenir. Nous prenons des risques et les ambitions ne sont pas très élevées pour le démarrage de ces nouveaux produits. Toutefois, il est nécessaire d’avoir dans sa gamme des modèles électriques, car il est possible de voir à l’avenir certaines villes en Europe imposer des voitures « zéro émission » dans les centres-villes ».

Quelle est aujourd’hui la « road map » chez Nissan ?

« La voiture électrique restera une niche, même si certains experts prévoient un marché à dix millions de véhicules par an à l’horizon 2020. Nous travaillons donc sur plusieurs axes, en optimisant d’abord nos motorisations classiques, essence comme diesel. Sur le salon de Genève, nous avons présenté par exemple une petite voiture à seulement 80 g de CO² par km. La Pixo ne nécessite pas de technologies chères pour arriver à un tel résultat. Nous continuons par ailleurs à développer l’hydrogène, avec des tests qui viennent de débuter au Japon avec une pile à combustible de dernière génération. Mais, c’est une solution pour plus tard ».

> Site de Nissan

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