« Nous aidons les constructeurs à consommer moins, sans compromis sur la sécurité »
|
Sébastien Bricout, responsable marketing pour la marque Goodyear en France
Vous organisez en ce moment un « road show » pour communiquer sur l’innovation et les évolutions dans le domaine de la législation. Que va-t-il se passer en 2012 ?
« Il y aura notamment l’étiquetage obligatoire des pneumatiques. De la même façon que pour les machines à laver par exemple, avec des catégories de A à G, les produits seront classés en fonction de leurs performances énergétiques. Ce sera un moyen unique pour le consommateur de comparer les pneus entre eux, et de façon objective, sur le point de vente. C’est une véritable révolution, à la fois pour le manufacturier et le distributeur. L’étiquetage concerne la résistance au roulement, mais également l’adhérence du le mouillé et le bruit. D’un coup d’œil, il sera possible de faire son choix de pneus en fonction des performances dans ces différents domaines. Un pneu peut être très bon en résistance au roulement, mais moins efficace en freinage. L’étiquetage permettra de faire la différence. En ce qui concerne la résistance au roulement, les meilleurs se situeront à 8 kilos par tonne (classe A) et les moins bons à 12 kilos (classe G). Au-delà, les fabricants ne pourront pas commercialiser de pneus en Europe. Le bruit est un critère que le législateur a décidé de rajouter, avec un niveau sonore limité à 71 db. Nous profitons de notre road show pour informer les distributeurs sur cette nouvelle réglementation et leurs obligations, même si pour le moment il y a encore un certain nombre de choses en discussion ».
2012 marque aussi une évolution dans l’automobile… « En effet. La Commission a décidé de généraliser par exemple le TPMS (Tyre Pressure Monitoring System), le système qui permet de mesurer la pression des pneus grâce à des capteurs embarqués dans la jante. C’est important, car trois automobilistes sur quatre ne roulent pas à la bonne pression. Or, ceci a une incidence non seulement sur la sécurité, mais aussi sur la longévité du pneu et la consommation de carburant. Avec le TPMS, nous pourrons en ce qui nous concerne démocratiser notre pneu Run On Flat de roulage à plat. Jusqu’à présent, il n’était utilisé que par BMW et sur des véhicules équipés d’un système de mesure de la pression des pneus. Dans la mesure où le TPMS va devenir obligatoire, nous pourrons proposer ce pneu de la Renault Twingo à la Mercedes Classe S. Ce produit intéresse les constructeurs, car il permet un gain de place en éliminant la roue de secours, ainsi qu’un gain de poids. De plus, ce pneu offre aujourd’hui un confort de roulage identique à un pneu classique, malgré ses flancs renforcés pour supporter le roulage à plat en cas de crevaison ou de perte de pression ».
Qu’est-ce que peut apporter Goodyear aux constructeurs pour les futurs véhicules électriques et hybrides ? « Notre philosophie est d’être aux côtés des constructeurs pour le développement des véhicules de demain. Nous pouvons les aider à réduire la consommation de carburant, mais pas au détriment de la sécurité. Parmi les projets concrets, nous pouvons par exemple citer la Renault Fluence ZE, chaussée des pneus EfficientGrip, ou encore la Chevrolet Volt, montée avec des pneus Assurance. Nous avons aussi plusieurs projets, en cours de développement en Europe. Le nouveau pneu « vert » de Goodyear est l’Efficient grip, qui permet d’économiser 2 % de consommation, grâce à une résistance au roulement inférieure de 13 % par rapport aux produits des autres marques Premium. Il se destiné à des véhicules compacts, mais aussi aux berlines et aux monospaces. Nous avons même décliné une version « Run On Flat » de ce pneu pour chausser le BMW X1. Ce produit est aussi adapté aux futurs véhicules électriques et hybrides ».
|

Interview

