« Renault aurait pu faire des Scenic électriques avec nous il y a 5 ans »
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Serge Dassault, PDG de Dassault
Vous avez décidé de céder vos activités en matière de voitures électriques à Dow Kokam. Est-ce pour vous la fin d’une aventure ou le début de quelque chose d’autre ? « C’est la fin d’une aventure, clairement. A travers la Société des Véhicules Electriques, Dassault a investi plus de 50 millions d’euros. Faute d’avoir pu trouver un accord avec un constructeur, j’ai pensé qu’il valait mieux arrêter les frais. Ce n’est pas la peine de créer une nouvelle marque sur un marché déjà bien encombré. Nous avons donc trouvé un accord avec Dow Kokam qui permettra d’exploiter le savoir-faire de Dassault dans les batteries lithium-ion-polymère et la gestion de l’énergie. Ce qui est dommage, c’est que nous avions tous les composants pour faire une voiture électrique à la française, mais nous n’avons pas été soutenus, ni par l’industrie automobile, ni par les pouvoirs publics. Je voudrais rappeler qu’il y a 5 ans, Carlos Ghosn, le PDG de Renault m’avait dit qu’il ne croyait pas du tout à la voiture électrique. Et aujourd’hui, que font les constructeurs français ? Ils importent de la technologie japonaise ».
« Nous avons équipé avec la technologie Cleanova une trentaine de Kangoo pour la Poste et EDF. Ces véhicules, qui étaient utilisés dans le cadre d’un programme de recherche, ont donné toute satisfaction. Les équipes de Dassault ont accumulé des données à l’issue de tests qui ont porté sur plus d’un million de km. Nos batteries fonctionnent sous toutes les latitudes et ont une durée de vie prouvée supérieure à dix ans. Le refroidissement par eau évite par ailleurs le risque d’échauffement et d’explosion à bord des véhicules. A titre d’anecdote, notre technologie a été comparée à celle de Renault. Les voitures équipées avec notre système se montraient plus performantes ».
« Nous allons produire des batteries en France, sur un site au sud de Paris. La production permettra de fournir des packs pour un volume de 5 000 véhicules électriques par an, sachant que nous pouvons augmenter la cadence en fonction de la demande. D’ores et déjà, plusieurs accords ont été signés avec des constructeurs européens et sont en passe de l’être. Dow Kokam France a déposé des dossiers pour obtenir des aides de la part des pouvoirs publics en France et entend se positionner par rapport au marché. Dow Kokam dispose également d’une usine aux Etats-Unis. Le savoir-faire de Dassault dans l’énergie sera exploité dans l’automobile, mais aussi dans les secteurs de la Défense et des collectivités ». |

Interview

