« On est à un tournant de la mobilité avec F-City »
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Pascal Bernard, PDG de FAM Automobiles
Vous avez présenté lors des rencontres Mobilis un nouveau concept de mobilité : F-City. De quoi s’agit-il ? « Effectivement, ce n’est pas un véhicule, mais bien un concept de mobilité en libre-service et sans station. Il suffit d’appeler avec un téléphone portable pour réserver F-City, qui est localisé en temps réel par un système de géopositionnement. Nous ne voulions pas que cette voiture électrique pour la ville soit comparée à une marque ou encore à un segment de marché. Sa conception a d’ailleurs été fondamentalement différente, par rapport à celle d’un véhicule classique qui part en général d’un design classique. Là, nous avons d’abord cherché à analyser les contraintes de la ville avec ses trottoirs. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi par exemple un châssis de 4X4, paradoxalement mieux adapté pour affronter les cahots de la chaussée. La voiture mesure 2,5 m de long pour 1,6 m de largeur et de hauteur également. Ensuite, nous voulions proposer à bord une ergonomie exemplaire. Il faut que le conducteur soit bien assis et ait une bonne visibilité pour détecter les feux rouges, les panneaux et les autres véhicules. La particularité des sièges est de convenir aussi bien à un homme grand qu’à une petite femme. F-City est modulable en fonction des besoins, avec des versions 3, 4 places ou utilitaire ». F-City est un véhicule électrique en libre-service. Quelles sont ses capacités techniques ? « Nous avons choisi pour le développement des batteries nickel métal hydrure. Elles sont couplées à un système de jauge intelligente, reliée sans fil à un opérateur (VU Log) qui nous accompagne et nous aide à anticiper sur la recharge. Nous pouvons ainsi intervenir et remplacer les batteries, pour lesquelles nous avons prévu un rack amovible. L’intérêt est qu’on immobilise le véhicule un minimum de temps pour le plein en électricité, alors que la recharge classique prend de 8 à 10 h. L’autonomie à ce jour est de 80 km à 100 km selon le mode de conduite. Saft nous fournira plus tard des batteries lithium-ion. Quant au moteur électrique, il est à prise directe et à flux axial. Il va continuer à évoluer jusqu’à la sortie en série du véhicule, prévue en juillet 2009 sur le site d’Etupes, près de Belfort ». Etes-vous en mesure de participer à l’appel d’offres d’Autolib sur Paris ? « Nous avons été approchés par des émissaires de la ville de Paris. F-City serait tout à fait dans le cœur de cible, car le véhicule pourrait être utilisé aussi bien dans la capitale intra-muros qu’en première, voire deuxième couronne. De plus, c’est un système ouvert qui ne nécessite pas de station. On est à un tournant dans le domaine de la mobilité et les constructeurs classiques sont agacés par ce genre de solution. Pourtant, on a trop attendu et il fallait réagir. Notre concept intéresse des russes, des chinois, ainsi qu’une enseigne comme Jean-Claude Decaux. Le prix de revient est de 10 000 € par véhicule, plus 5000 € pour les batteries qui pèsent 270 kg. A ce jour, 12 heures de montage sont nécessaires pour assembler F-City. Mais, en production à grande échelle, le temps pourrait être réduit à 10 mn. De plus, nous avons pour atouts un châssis modulable et une panoplie de solutions techniques (moteur hybride et gaz naturel en plus de l’électricité) ».
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Interview

