« Les signes sont positifs pour le développement du véhicule électrique »
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Jacques Mollard, Président de l'AVERE
Vous allez lancer avec l’OVE le Trophée annuel des villes électromobiles à partir de cette année… Quel est l’objectif de cette initiative ? « Ce que nous voulons, c’est faire parler du véhicule électrique. Nous nous adressons donc aux 36 000 maires de France pour les sensibiliser au fait qu’il existe aujourd’hui des véhicules sur le marché, notamment des utilitaires et que l’électricité est à nouveau au goût du jour. Pour certains élus, la voiture électrique n’est qu’un vague projet d’avenir. D’autres ont pu avoir une mauvaise expérience, à la suite d’essais malheureux avec des véhicules mal finis ou mal suivis sur un plan technique. Mais, s’il existe encore des freins psychologiques, le sujet est de plus en plus à la mode sur fond de réchauffement climatique. Nous allons donc procéder à un classement, en distinguant les politiques et dispositifs d’incitation, la communication, les projets de mobilité électrique et bien sûr les véhicules tels que les vélos, les autos et les camions. Le Trophée sera remis en partenariat avec l’Observatoire du Véhicule d’Entreprise. L’Avere, qui participe ainsi au déploiement du véhicule électrique dans les territoires, va essayer de nouer par ailleurs d’autres partenariats ». On parle beaucoup de véhicules électriques en ce moment. Peut être même un peu trop, non ? Quel regard portez-vous sur cette effervescence médiatique ? « On en parle surtout à un moment où il n’y a plus de véhicules disponibles, ou plutôt pas encore sur le marché. Mais, il y a des signes très positifs. Les constructeurs ont fait des annonces et le plan du gouvernement est ambitieux pour le véhicule électrique par rapport à d’autres pays. Il y a aussi des achats programmés, comme l’appel d’offres de la Poste sur 12 000 véhicules et le service Autolib’ d’auto-partage de voitures électriques sur Paris. Tout cela est positif pour les groupes industriels. Mais, il va falloir aller vite pour commercialiser les véhicules et faire baisser le coût des batteries par une production en série. Le contexte est idéal, car on sait que le prix du pétrole va remonter. Toutefois, l’infrastructure de recharge ne se développera que s’il y a des véhicules en face ». Vous êtes originaire de La Rochelle. Comment est perçu là-bas le renouveau de la voiture électrique ? « Comme vous le savez, La Rochelle a été une ville pionnière dans le véhicule électrique. Nous avons d’ailleurs depuis dix ans des véhicules électriques en libre-service, dans le cadre du service Liselec (http://www.liselec.fr/). Il y a une cinquantaine de véhicules, dont toujours des Peugeot 106 et des Citroën AX, mais aussi des véhicules de loisirs du type GEM et des utilitaires. C’est un service qui donne toujours satisfaction. Nous avons également des véhicules électriques pour la livraison en centre-ville. Veolia, qui exploite ces véhicules, attend avec impatience la sortie de nouveaux modèles pour renouveler les flottes. Quand on parle du véhicule électrique, on pense toujours aux grandes villes. Mais, ceux qui habitent un pavillon en banlieue ou en province sont également intéressés, en particulier les retraités. Ces usagers ne prennent pas leur voiture pour de longs trajets et peuvent très bien recharger les batteries chez eux. Il est clair que l’on verra d’abord les clients se brancher à domicile et dans les entreprises avant de voir fleurir des bornes de recharge sur la voirie ». |
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