La voiture propre au Mondial IV
Du côté du bon vieux moteur thermiqueQui sera le plus vertueux au Mondial de l’Automobile ? Sur fond de réduction des émissions de CO², les constructeurs inventent de nouvelles appellations pour qualifier leurs modèles les plus sobres. Les derniers labels en date sont Blue (Hyundai), DRIVe (Volvo), Pure Drive (Nissan) ou encore PUR-02 (Fiat) qui viennent s’ajouter à la cohorte des BlueEFFICIENCY (Mercedes), BlueMotion (Volkswagen), Efficient Dynamics (BMW), Greenline (Skoda) et autres labels français (Airdream pour Citroën, Blue Lion pour Peugeot et eco2 pour Renault). Tous ces noms s’appliquent à des modèles chaussés de pneus verts et dont l’aérodynamique a été travaillée pour offrir moins de résistance à l’air et consommer moins. Audi s’est par exemple lancé dans le programme « Modular Efficiency » qui consiste à travailler sur plusieurs paramètres (allègement avec l’aluminium, réduction des pertes par friction, récupération de l’énergie au freinage, aérodynamique, transmissions et moteurs à faible consommation essence comme diesel). La marque aux anneaux a ainsi baissé de 8 à 17 % les valeurs de CO² de ses modèles en seulement un an. De son côté, BMW a 23 modèles compatibles avec la future norme Euro 5 et 40 % de la gamme se situe en dessous de la gamme. Les moteurs font globalement beaucoup de progrès. Renault présente par exemple au salon quatre moteurs diesel (Dci 85 et 105 ch qui abaissent les rejets de CO² à 120 g par km). Le diesel peut aussi être couplé avec un additif, comme chez Mercedes (Bluetec) ou BMW (Blue Performance sur la 330d). Du côté des moteurs à essence, la sobriété caractérise les DFI (Porsche), TCE (Renault) ou autre TFSI (Audi) qui fonctionnent avec un turbo et de l’injection directe. Volvo veut sortir pour l’année prochaine une nouvelle génération de moteurs à injection directe GTDI. On peut aussi voir pour la première fois le moteur à taux de compression variable de MCE-5. Ce moteur révolutionnaire, qui doit apparaître vers 2013-2014, est bien caché sur le stand commun aux pôles de compétitivité (il est labellisé par Mov’eo en région parisienne et le pôle Urban Trucks and bus à Lyon). Il permet de réduire la conso de 20 à 40 % en fonction du mode d’utilisation. |
L’éco conduite à l’honneurEnfin, le thème de l’éco-conduite était omniprésent sur le salon. Que ce soit au travers C’est la raison pour laquelle on commence à voir des témoins qui aident à changer de rapport au bon moment (Audi A4 concept e) ou des boîtiers embarqués (comme la Muxy Fleet de Nomadic Solutions, exposée sur des modèles de Ford). Le plus novateur est Fiat avec son système Ecodrive qui permet de faire analyser sa conduite par un logiciel sur ordinateur. Il suffit pour cela de récupérer sur une clé USB des données issues de la voiture (accélération, décélération, vitesse, rapports de boîte). Les informations sont décortiquées puis commentées, avec des conseils à la clé pour gagner jusqu’à 15 % sur sa consommation. L’Ecodrive est une sorte de « coach virtuel » qui peut même fixer des objectifs. Ce service fait partie de l’offre « Blue & Me » de télématique et s’applique dès aujourd’hui à la 500 et à la Grande Punto, avant de s’étendre progressivement à d’autres modèles. On remarquera au passage que les systèmes de navigation prennent aussi en compte l’écologie, en calculant des itinéraires qui sollicitent moins la mécanique. C’est ce qu’on pouvait voir entre autres sur le stand de Navteq. |

de simulateurs (simulateurs des constructeurs, dont le très réussi Eco-Gotchi de Citroën calqué sur les célèbres Tamagotchis, ou le logiciel Ediser pour les pros de l’éducation routière), d’une piste d’initiation (en lieu et place de la traditionnelle piste 4X4, ce qui est tout un symbole au Mondial), ou d’actions vers le grand public (Renault a organisé une journée de sensibilisation avec Ellen MacArthur à Bercy-Village le 4 octobre avec un challenge), les constructeurs semblent décidés à éduquer l’automobiliste afin que ce dernier fasse aussi des efforts. 

