L’implication d’un véhicule
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La loi du 5 juillet 1985 (dite « Loi Badinter ») met à la charge de l’automobiliste les dommages, corporels ou matériels, causés par un véhicule à moteur (art. 1er) en faisant reposer l’indemnisation sur lui en dehors de toute faute de conduite. Cependant, la Loi a laissé aux magistrats le soin de définir l’implication d’un véhicule. La multiplicité des accidents rend très fréquente l’utilisation de ce concept et la jurisprudence n’a pas manqué de lui donner une acception très large. Un véhicule se trouve impliqué dans un dommage dès lors qu’il est intervenu de quelque manière que ce soit dans sa réalisation. |
1er cas : Lorsqu’il y a contact...Lorsqu’un véhicule entre en contact avec un piéton, un cycliste ou un autre véhicule, il y a systématiquement implication même si le véhicule était à l’arrêt ou en stationnement et que la victime est venue le heurter (Cass. 2° Civ. 14 oct. 1987, n° 86-12.569). De même, le choc entre deux véhicules crée une situation d’implication réciproque qui bénéficie aux deux conducteurs et à leurs passagers, même si on ne peut déterminer les circonstances de l’accident (Cass. crim., 4 déc. 1996, no 96-80.630 D). |
2ème cas : Lorsqu’il n’y a pas eu contact...
Deux décisions récentes viennent illustrer l’étendue qu’a pris cette notion. |
Impact sur le bonus-malusLe malus vient sanctionner une faute de conduite et ne s’applique pas lorsque l’accident est imputable à une faute de la victime ou d’un tiers (art. 6 annexe à l’art. A121-1 C. assur.). Dans les situations évoquées ci-dessus les assureurs consentent à considérer que le dossier ne résulte pas d’une faute de l’assuré même s’il entraîne une responsabilité. |

Il s’agit d’une loi d’indemnisation plus que de responsabilité qui ne peut fonctionner qu’en s’appuyant sur une assurance obligatoire. Elle permet à la victime d’un accident de circulation de rechercher l’indemnisation auprès de l’assureur de tout véhicule impliqué.
Initialement, les magistrats avaient limité ce cas à la conduite perturbatrice d’un automobiliste. Exemple : véhicule roulant à gauche, le conducteur venant en sens inverse allant au fossé pour l’éviter. Progressivement, le caractère perturbateur de l’automobile n’a plus été retenu comme critère et il suffisait que la position du véhicule sur la chaussée induise, même indirectement, un accident pour que son conducteur se trouve « impliqué ». 

