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Réaliser une économie par la mise en place d’une conservation

Le mode de détermination de la cotisation « flottes » et en particulier, la fiscalité pesant sur l’assurance automobile a pour conséquence qu’une part relativement faible de celle-ci est dédiée à la couverture du « Risque », c’est-à-dire des coûts aléatoires. Aussi, les flottes regroupant un nombre significatif de véhicules (200 à 250 selon les assureurs), sont-elles souvent assurées avec une conservation (franchise annuelle).

Qu’est-ce qu’une conservation ?

Nous avons montré précédemment qu’un parc automobile engendre une sinistralité récurrente que les statistiques fournies annuellement par les assureurs permettent de suivre et de projeter dans l’avenir. Au lieu de la faire supporter par l’assureur qui en demande le préfinancement dans la cotisation chargée en frais et en taxe, l’entreprise a la faculté de la conserver, au moins partiellement, à sa charge et de ne céder à l’assureur qu’un reliquat de sinistres.

Il est donc possible d’introduire dans le contrat d’assurance une franchise s’appliquant au cumul annuel des sinistres, l’assureur n’étant « en risque » qu’au-delà. Cette franchise, dénommée « conservation », s’applique ordinairement sur tous les sinistres (responsabilité civile et dommages).

Ce type de montage ayant des effets défiscalisants, il est conseillé de le pratiquer avec mesure et de le limiter à 40 à 60% de la charge des sinistres y compris « graves ».

Exemple de montage d’une conservation

Reprenons l’exemple précédent de la cotation en responsabilité civile seule d’une flotte de 240 véhicules selon une méthode traditionnelle :

Postes du décompte
Décompte de la cotation traditionnelle
Décompte avec conservation
 
Commentaires
Cotisation pure
107.463
107.463
C’est en fait la charge prévisible des sinistres de fréquence
Conservation
 
-          60.000
La conservation étant supportée par l’entreprise, elle est déduite de cotisation pure
Cotisation pure conservation déduite
107.463
47.463
Frais de gestion assureur (12% de la cotisation nette)
17.910
17.910
L’assureur conserve les mêmes tâches et le même volume de gestion dans les 2 cas. Il est équitable que sa rémunération demeure inchangée
Commission de l’intermédiaire (16% de la cotisation nette)
23.881
12.452
L’assiette de la rémunération de l’intermédiaire se trouve réduite. Sa commission s’en trouve diminuée et la différence est convertie en honoraires
Cotisation annuelle nette de taxe
149.254
77.825
 
Taxe et contributions d’assurance (33.60%)
50.149
26.149
L’assiette fiscale diminuant les taxe et contributions d’assurance s’en trouvent donc réduites
Cotisation annuelle TTC
199.403
103.974
La cotisation d’assurance est fortement réduite par l’introduction de la conservation
 
Conservation
 
+ 60.000
La conservation étant gérée par l’assureur, elle fait l’objet d’un dépôt
Honoraires de l’intermédiaire hors TVA
 
+ 11.429
Le montage avec conservation n’allège en rien la tâche de l’intermédiaire qui compense sa perte de commission par la perception d’honoraires sujets à TVA (23.881-12.452 = 11.429 €)
Contribution au Fonds de garantie (60.000€ x 5%)
 
+ 3.000
L’entreprise devra acquitter l’année suivante une contribution de 5% sur les sinistres de responsabilité civile payés par l’assureur à l’intérieur de la conservation (1). Il convient donc d’ajouter cette contribution au budget
Budget total
199.403
178.403
Soit un gain de 21.000€ (- 10.5%)

(1) Arts. R 421-27 et 28 C. assurances


On constate que le gain est purement fiscal :

- Fiscalité du montage traditionnel            :    50.149
- Fiscalité du montage avec conservation : -  26.149
- Contribution au Fonds de garantie           : -  3.000
- TOTAL …………………………………….     21.000 €

Conditions de mise en place du montage

L’utilisation d’un montage avec conservation nécessite un protocole entre l’entreprise et l’assureur par lequel la première délègue au second la gestion des sinistres entrant dans le cadre de la conservation. Il est en effet important que le dispositif soit transparent en regard de la gestion des sinistres. La conservation étant une forme de franchise, elle ne peut être déduite lorsque l’assureur règle un sinistre à un tiers (art. R 211-13 C. assurances). D’autre part, le jeu des conventions de gestion de sinistres entre assureurs automobiles ignore les franchises sur l’assurance obligatoire.

L’assureur gère et règle donc les sinistres sans considération de la conservation ce qui est possible sous condition que le montant total de celle-ci soit déposé entre ses mains.

Enfin, si le coût des sinistres pris en charge dans le cadre de la conservation n’atteint pas le montant de celle-ci, le reliquat doit être remboursé par l’assureur à son assuré puisqu’il s’agit d’un dépôt et non d’une cotisation.

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