Benoît Simeray : Tom-Tom Europe du sud (Avril 2008)
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Benoît Simeray : Responsable des ventes en Europe du sud, Tom-Tom « Le trafic temps réel et la mise à jour des cartes sont des leviers de notre stratégie »
Vous lancez progressivement en Europe un service trafic « HD » sur vos GPS. De quoi s’agit-il ? « Ce concept remonte à deux ans et trouve son origine dans le rachat par Tom Tom d’une société Ecossaise, du nom d’Applide Generics, qui avait déposé un brevet sur le traitement des données issues des téléphones mobiles. Comme vous le savez peut être, les opérateurs de téléphonie mobile peuvent géolocaliser en temps réel leurs abonnés, grâce aux signaux émis par les portables et relayés par des têtes de réseau. Nous exploitons ce procédé pour suivre les mobiles le long des routes et en déduire ainsi la vitesse moyenne. Cela permet sur un pays comme les Pays-Bas d’avoir une couverture d’information trafic de 20 000 km sur les routes, au lieu de 2000 avec les moyens de recueil classiques. Nous avons le détail des zones de ralentissement, ainsi qu’une réactualisation beaucoup plus rapide qu’avec le RDS-TMC. Mais par contre, nous ne connaissons pas l’origine de la perturbation. C’est pourquoi nous croisons ces données avec les services classiques de trafic, comme Viamichelin. Le service est gratuit un an, puis devient payant avec un abonnement de 9,95 € par mois. Nous glissons une carte SIM dans les GPS, avec un accès illimité aux données de trafic sur les appareils de type One XL. Nous proposerons par ailleurs un adaptateur compatible avec tout le parc des GPS Tom Tom. Le trafic « HD » (pour haute définition) a été lancé commercialement en Hollande et sera étendu progressivement en Grande-Bretagne, puis en Allemagne. La France devrait suivre d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine. L’objectif est d’avoir une couverture européenne d’ici la fin de l’année 2009 ». Vous proposez également, en matière de trafic, un récepteur « IQ Routes » qui donne des temps de parcours plus réalistes. Comment cela fonctionne-t-il ? « Nous avons la chance d’avoir 15 millions de clients dans le monde. Ceux qui utilisent notre logiciel Tom Tom Home ont répondu dans une grande majorité qu’ils étaient d’accord pour nous fournir de façon anonyme des données sur leurs trajets. Nous récupérons donc, chaque jour, des milliards des portions de route avec des temps de parcours. Cela nous permet d’avoir une vue plus réaliste du trafic. A la différence d’un Navteq ou d’un Tele Atlas, qui se basent sur la vitesse limite en vigueur sur les différents types de routes pour les temps de parcours, nous pouvons indiquer, en fonction du jour ou de l’heure, à quelle heure le client va vraiment arriver. C’est du quasi temps réel ». Et qu’en est-il de Map Share, votre service qui permet de corriger les erreurs des cartes numériques ? « Là aussi, nous pouvons nous baser sur nos clients. 1,2 million d’utilisateurs participent et ont déjà envoyé 1,5 million de contributions depuis la mise en place du service. Nous avons eu 250 000 corrections au bout des quatre premiers mois, et beaucoup plus depuis. Les données sont ensuite vérifiées par une équipe, basée aux Pays-Bas, qui s’appuient sur plusieurs sources. Les clients ont par la suite la possibilité de télécharger les mises à jour avec différents niveaux de sécurité, et gratuitement. C’est un service pertinent, car on sait par définition que la carte d’un GPS est obsolète par définition. Tous ces services, qui reposent sur le concours des usagers, sont autant de levier pour notre stratégie ».
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Interview

