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Martial Chevreuil : ISIS (groupe Egis) (Février 2008)

Interview

Martial Chevreuil, directeur général adjoint d’ISIS (groupe Egis)

« Les cartes numériques doivent intégrer des informations liées à la sécurité routière »


Quel était l'objectif du programme Safemap, commun entre la France et l’Allemagne, et qui vient de prendre fin ?

« L’objectif était d’évaluer la faisabilité technique, économique, sociale et juridique d'applications d'aide à la conduite basée sur des données cartographiques sur la sécurité. Autrement dit, l’idée était de s’appuyer sur les systèmes de navigation, dont la diffusion est de plus en plus importante, pour donner des alertes au conducteur à l’approche de zones dangereuses. Pour cela, nous avons travaillé avec les cartographes Navteq et Tele Atlas, qui ont intégré des données telles que les limitations de vitesse, les virages dangereux, les intersections et les zones considérées comme accidentogènes. Des zones test ont été délimitées de part et d’autre de la frontière franco-allemande : à Pontchartrain avec PSA Peugeot Citroën et à près de Lyon avec Renault Trucks pour les poids lourds, près de Stuttgart avec Mercedes. Les constructeurs ont travaillé sur les fonctions d’alerte et sur la restitution de ces informations par des signaux sonores et des pictogrammes. Par exemple, PSA a imaginé un système de couleurs du vert au rouge pour prévenir du caractère dangereux de certains virages ».

Quel est l'apport d'une carte intelligente sur la sécurité ?

« L’apport sur la sécurité est un gain potentiel de 200 à 400 vies par an en France ou en Allemagne, toutes choses égales par ailleurs, une fois le système déployé. Nous avons procédé à une projection sur 15 ans qui montre l’intérêt d’un tel système. Les gains en sécurité justifient un investissement pour alimenter des bases de données avec des données sur l’infrastructure. Les tests ont permis de montrer que les alertes étaient globalement pertinentes. Les conducteurs ont tendance à lever le pied quand le véhicule délivre une alerte. Ce n’est pas systématique, mais il y a un gain. Il faut toutefois faire l’apprentissage du système, car le conducteur a tendance à se fier d’abord à son vécu pour adapter sa vitesse au moment de prendre un virage et ne tiendra compte que dans un deuxième temps de l’alerte ». 

Comment faire pour réaliser de telles cartes ?

« Le point essentiel pour la réalisation de ces cartes intelligentes est la collecte de données fiables sur le réseau routier et en particulier la vérification des données fournies, la standardisation des formats et surtout la viabilité économique. Navteq et Tele Atlas ont déjà commencé à intégrer ce type de données, notamment sur le type de virages ou sur la nature de la chaussée pour l’aide au dépassement. Mais, il faudra s’appuyer demain sur d’autres partenaires comme les collectivités locales qui ont en charge une partie du réseau routier en France. Un opérateur pourra demain collecter des données de type Safemap, les intégrer aux cartes numériques et développer des applications qui serviront aussi bien dans les systèmes de navigation embarqués que sur les GPS nomades ».

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