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Le trafic : une priorité

Impossible de prendre la route aujourd’hui sans consulter le trafic. Ce ne sont pas les solutions qui manquent.

Des bouchons qui coûtent cher

Quand on sait que les français passent plus de 500 millions d’heures par an dans leur voiture, que l’on dénombre plus de 1000 km de bouchons lors des plus grosses journées de l’année et que le cout annuel de la congestion du périphérique parisien est de 100 millions d’Euros, on comprend pourquoi les automobilistes privilégient des systèmes prenant en compte la circulation. Bien sûr, on peut se renseigner en regardant les panneaux routiers, en écoutant les radios d’autoroute, en consultant des sites Internet comme Sytadin ou Infotrafic®, ainsi que son opérateur de téléphonie mobile. Mais, le plus efficace reste encore d’avoir dans sa voiture un écran qui vous indique en temps réel quelles sont les difficultés et qui peut recommander une alternative. 

D’où vient l’information routière ?

Les données sont à la base alimentées par des capteurs disséminés sur les principaux axes de circulation et qui mesurent le trafic en temps réel, à des points stratégiques. Le recueil est assuré par les sociétés d’autoroutes à travers le GIE Autoroutes Trafic, la DSCR (Direction de la Circulation et de la Sécurité Routière), la direction de l’Equipement d’Ile-de-France (SISER), certaines grandes villes (Paris, Lyon, Toulouse), et de plus en plus les départements et les régions. Les informations sont aussi remontées depuis le terrain par la police, la gendarmerie et les pompiers. Il est à noter que l’Etat dispose de plusieurs centres régionaux d’information routière (les CRICR), dont les informations sont synthétisées par le fameux CNIR de Rosny-sous-Bois. Bison Futé vient de fêter ses 30 ans, mais au risque de froisser ce sympathique animal, il vaut mieux prendre les infos en direct pour ne pas se faire piéger sur la route. Les opérateurs privés que sont V-Trafic et Viamichelin   s’alimentent aux mêmes sources, mais agrègent les informations, les traitent, puis les restituent directement par le canal des ondes radio. Il s’agit de la fameuse technologie RDS-TMC, portées par les ondes FM. Ainsi, les systèmes de navigation peuvent recevoir à bon escient l’information qui concerne le trajet. De plus, on obtient une info précise, avec le sens de la difficulté, la longueur et l’éventuelle cause. Pour le moment, 60 000 km de routes sont « renseignés » sur les 900 000 km du réseau français.

De Mediamobile à V-Trafic

Mediamobile est une société peu connue des français, mais elle a beaucoup contribué à l’émergence du trafic en temps réel. Située dans l’orbite de TDF, et comptant parmi ses actionnaires Renault et Cofiroute, elle a mis en place un service de premier plan avec V-Trafic. Mediamobile a testé aussi le marché, en lançant par exemple Visionaute (un écran fournissant le trafic en Ile de France et donnant le meilleur itinéraire) à la fin des années 90, puis en fournissant un service similaire à bord de véhicules Renault. Puis, le service a changé de nom pour devenir « V-Trafic » avec une couverture nationale. Mediamobile a réussi à convaincre les industriels (constructeurs, fabricants de systèmes de navigation, opérateurs) de lui payer une licence pour pouvoir diffuser une information de qualité… dont les clients bénéficient gratuitement, en général. Autrefois en situation de monopole, et profitant par ailleurs de la couverture des émetteurs de TDF (95 % du territoire) et du soutien de Radio France, V-Trafic doit aujourd’hui compter avec la concurrence de Viamichelin. Le service s’enrichit donc en permanence, avec le soutien des taxis G7 et des chauffeurs de poids lourds équipés par Masternaut (soit, au total 45 000 véhicules) qui remontent eux aussi des données. On peut par ailleurs expérimenter une version personnalisée du site Internet

Bibendum se lance dans le trafic

Dès 1910, Michelin inventait les bornes qui jalonnent encore aujourd’hui les routes françaises. Ensuite, Bibendum élabora des cartes puis, bien plus tard, vint enrichir le contenu des GPS (Guide Rouge, Guide Vert) avant de devenir un acteur de la navigation avec sa gamme de GPS portables et de se positionner sur le trafic. Dans un premier temps, Bibendum a fourni de l’information sur son site web, avant d’élaborer un véritable service, destiné à la fois aux constructeurs et aux fabricants de GPS nomades. L’information trafic de Viamichelin couvre l’ensemble du réseau autoroutier, les routes nationales et les grandes départementales. Elle est également disponible dans les 20 plus grandes villes françaises (voies d’accès au centre-ville et périphérique le cas échéant), dont Paris (principaux axes et périphérique) et les 600 km d’axes à forte circulation de l’Ile-de-France. Le service est relayé par les émetteurs de Towercast (groupe NRJ), desservant ainsi 85 % de la population. Viamichelin met un point d’honneur à associer la météo à ses données, et donne en particulier des informations sur les fermetures de cols en montagne. Il fournit aussi des détails sur les difficultés en cours (sens, cause et longueur).

Tom Tom et l’information routière par téléphone

Toujours en quête d’idées neuves, Tom Tom a mis en place un système innovant de diffusion de l’information trafic qui va être déployé en Grande-Bretagne. En s’appuyant sur le réseau local de Vodafone, qui recueille de façon anonyme la vitesse de déplacement de ses abonnés qui circulent en voiture, et qui les renvoie à partir de ses relais vers un serveur, le fabricant de GPS arrive à avoir une photographie beaucoup plus fine de l’état de la circulation. Le procédé a aussi été testé aux Pays-Bas. Avec cette technologie, qui profite des millions de clients abonnés au téléphone mobile, il n’est pas nécessaire d’équiper plus l’infrastructure et l’information est plus souvent remise à jour. L’intérêt est aussi d’avoir des temps de parcours, pas seulement la longueur d’un bouchon.

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