Chiffres-clés

Bilan 2008 et perspectives 2009 : sous perfusion, le marché automobile français fait de la résistance

Grâce à l’effet d’attraction créé par le dispositif bonus/malus issu du Grenelle de l’environnement puis relayé dans les politiques commerciales de la plupart des marques automobiles, le marché des voitures neuves s’est plutôt bien comporté jusqu’au troisième trimestre 2008, date à laquelle le cumul annuel s’affichait encore en positif. Puis, rattrapées par la tourmente financière et économique, les ventes de VP se sont ensuite sensiblement infléchies pour finalement afficher une baisse de 0.7% en 2008 avec 2,05 millions de ventes (-0,6% et 2,51 millions sur le périmètre véhicules légers : voitures particulières et véhicules utilitaires légers).

Un recul très léger comparé aux chutes vertigineuses que nos grands voisins européens ont connues : -30% en Espagne, -12.6% en Italie, -12% au Royaume-Uni. Seule l’Allemagne a également fait preuve d’une certaine résistance avec un recul limité à 1.5% pour le marché total véhicules légers neufs (véhicules particuliers + véhicules utilitaires légers).
En cause tout d’abord, la crise financière et immobilière et la brutale restriction de crédit qui s’en est suivie. Ce choc a été particulièrement douloureux dans des pays comme l’Espagne ou le Royaume-Uni, où l’essentiel des ventes est financé à crédit, et où les ménages sont les plus fortement endettés, souvent à taux variable. Avec l’activité, l’emploi et des revenus orientés à la baisse, la confiance est tombée à ses plus bas historiques et a entrainé dans son sillage les intentions de consommer.
Les plans de relance qui se sont multipliés en Europe ne feront que limiter l’ampleur de la baisse des ventes que nous prévoyons pour 2009. Les dispositifs de soutien de la demande apparaissent en effet, quand ils existent, soit trop limités, comme au Royaume-Uni où la baisse des prix liée à la réduction de deux points de la TVA pèsera peu face à l’effondrement actuel des intentions d’achats, ou encore inadaptés comme c’est le cas en Espagne, où la mesure consiste à offrir un financement à 0% sur l’achat de véhicules peu polluants. Un crédit très bon marché donc, mais proposé à des ménages surendettés qui sortent douloureusement d’une période de crédit excessif et qui doivent encore s’acquitter de leurs récents engagements.

Comparé à ses voisins, la France est relativement mieux protégée des effets de restriction du crédit : les ménages y sont largement moins endettés qu’en Espagne ou au Royaume-Uni, l’activité économique y est relativement moins dépendante de la conjoncture de secteurs aujourd’hui en grande difficulté comme la finance et la construction.  Les effets de la crise se sont donc moins fait sentir sur la croissance et sur la santé d’un marché automobile qui, par ailleurs, avant la crise évoluait loin des sommets que côtoyaient depuis plusieurs années des pays comme le Royaume-Uni, l’Espagne ou l’Italie pour qui, par effet de base, le retournement a été d’autant plus marqué.

Le bilan par type de clientèle est néanmoins contrasté en France. Le dispositif bonus / malus a logiquement largement soutenu le marché des ventes aux particuliers puisqu’il ne concernait pas les ventes aux entreprises. Ainsi, en cumul à fin novembre 2008,  les ventes VP aux particuliers ont crû de 5.3% tandis que les ventes totales aux sociétés avaient fléchi de 5.2%. Un bilan qui montre bien que la relative tenue du marché global ne tient qu’à la mise sous perfusion des ventes automobiles aux ménages.

Le marché des Véhicules Utilitaires Légers (VUL < 5 tonnes) est lui resté stable en 2008 à 460 000 véhicules. Il a été soutenu par le segment des fourgonnettes qui a bénéficié des lancements commerciaux de nombreux nouveaux modèles. Les autres segments VUL se sont eux orientés à la baisse. Ce marché VUL devrait désormais s’infléchir avec le ralentissement de l’investissement des entreprises. Le soutien des primes à la casse ne suffisant pas à compenser les effets du ralentissement économique, le marché devrait connaître une baisse de 4.4% au bilan 2009.

 

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