Bouffée d'oxygène sur le marché automobile français?
|
Février 2008 Evolution en dents de scie sur le marché du véhicule particulier neuf : après un mois de janvier en retrait de plus de 5% par rapport à 2007, suivi d’un net rebond (+11,1%) en février, le marché VP s’est stabilisé le mois dernier : 188 943 immatriculations ont été enregistrées, soit à peine 0,5% de moins qu’en mars 2007. Au cumul, le premier trimestre affiche une croissance positive de 1,3%. Le niveau des commandes en mars a toutefois bien reculé par rapport à celles du même mois de 2007 et augure d’une stabilisation des ventes à court terme. Si les volumes d’immatriculations sont relativement stables, il n’en va pas de même pour la structure des ventes. En effet, le système du Bonus/Malus mis en place en décembre 2007-janvier 2008 a considérablement modifié le comportement des candidats à l’achat automobile : les véhicules concernés par le Bonus, ie émettant moins de 130g/km représentaient 31% du marché en 2007, ils en représentent 42% au bilan des trois premiers mois 2008. Ces 11 points gagnés par les véhicules « écologiquement corrects » ont été perdus par les véhicules soumis au Malus émettant plus de 160g de CO2 au km. Il y a donc eu un transfert des achats des véhicules polluants vers les véhicules les plus vertueux : les automobilistes qui a priori auraient acheté un véhicule de la zone « neutre » en termes d’émission de CO2 ont orienté leurs achats vers des véhicules plus propres pour bénéficier du Bonus ; et les plus susceptibles d’acheter un véhicule « malussé » ont fait l’effort de choisir un véhicule de la zone neutre. Les 4x4 mais aussi les monospaces, pour la plupart situés dans les tranches les plus émettrices de CO2, ressortent ainsi nettement pénalisés par ce nouveau système de taxation, tandis que les petites voitures sont sur le haut du podium. Qui plus est, les constructeurs ont été dépassés par le niveau des commandes de ces véhicules profitant du bonus, ce qui a généré un décalage plus important que d’ordinaire entre commandes et livraisons. En d’autres termes, la déformation du marché pourrait encore s’accentuer dans les semaines ou mois à venir. A ce déplacement du marché vers les tranches les plus écologiquement vertueuses correspond un transfert des plus grosses cylindrées vers les plus petites, moins émettrices en CO2. A cet « effet demande » directement imputable à la taxation basée sur les émissions de CO2, s’ajoute un effet d’offre : les progrès techniques ont permis aux constructeurs de produire des voitures moins émettrices, à puissance de moteur inchangée. Alors qu’hier les efforts étaient prioritairement portés sur l’équipement de sécurité et le confort, entraînant un accroissement du poids et de la consommation d’énergies et obligeant les constructeurs à opter pour de grosses cylindrées, la prise de conscience écologique a imposé aux offreurs et demandeurs de se tourner vers des véhicules moins polluants. Autre solution pour réduire les émissions de CO2 : adopter de nouvelles énergies. Les constructeurs ont déjà lancé des modèles hybrides et flex-fuel et les annonces concernant les véhicules électriques se multiplient. Attention cependant : quelques marques auront à cœur de démontrer que les bons vieux moteurs à combustion interne d’énergies fossiles présentent encore d’intéressantes marges de progrès.
Perspectives économiques d'ensemble
sources: BIPE Les chiffres du marché des véhicules légers
sources BIPE: d'après CCFA |


