Mai 2008
Après un mois de janvier 2008 en baisse, le marché des véhicules particuliers en France se maintient en hausse depuis trois mois. Après l’effet de contrecoup des annonces du bonus malus, le marché résiste bien et avril s’est inscrit à la hausse avec une performance de + 4.6% en glissement annuel à nombre de jours ouvrables équivalant. Au cumul à fin avril, la hausse est désormais de +3.5%.
Côté Véhicules Utilitaires Légers, le mois d’avril a aussi été positif avec une croissance de +1.2% qui conduit le cumul à fin avril à +3%.
Une situation d’autant plus remarquable que les marchés des voisins européens connaissent quelques difficultés: au premier trimestre, le marché du véhicule neuf en Europe était en recul de 1.7%.
A quoi devons-nous cette résistance ?
A la bouffée d’oxygène qu’a donné le système de bonus / malus d’abord. L’attrait financier des primes incite indéniablement au renouvellement en créant un effet d’aubaine.
A sa combinaison avec deux autres facteurs ensuite, des facteurs qui peuvent paraître de prime abord néfastes mais qui s‘avèrent aujourd’hui porteurs pour le marché du véhicule neuf : la hausse du prix des carburants et la pression sur le budget des ménages et des entreprises.
En effet, si l’on prend le cas des ménages, le poids des dépenses liées à l’utilisation du véhicule (carburant, assurance, parking, entretien réparation, etc.) pèse prêt de 9% des dépenses totales d’un ménage français. Le carburant représente à lui seul plus de 50% de ces dépenses d’utilisation et son poids est croissant, l’effet hausse de prix l’emportant sur le triple effets d’économie « volume » dû à la baisse des kilométrages, des vitesses moyennes et des consommations moyennes des voitures.
Ainsi, on mesure plus précisément l’importance du critère « économie à l’usage » dans la décision de renouveler son véhicule. La cherté des carburants et la recherche d’économie à l’usage en général incitent les ménages et les entreprises à se tourner vers des véhicules neufs, plus petits et donc plus économiques.
Appuyées par le système de bonus/malus, ces pressions économiques soutiennent paradoxalement le marché du véhicule neuf et accélèrent la déformation du marché en faveur des petits véhicules. En avril, les segments économique et inférieur (Logan, C3, Fiat 500…) ont bondi de 28% en données brutes (15% pour le marché total en données brutes) alors que les véhicules des segments les plus élevés reculaient d’environ 10%.
Cette déformation va certainement s’inscrire durablement dans le paysage automobile français. En effet, si le Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire (MEDAD) a récemment annoncé que l’annualisation du système de bonus malus n’était pas à l’ordre du jour, il semble impossible à terme de ne pas aller vers un durcissement du système, pour des raisons d’équilibre des finances publiques.
Contrainte fiscale et environnementale, contrainte économique, contrainte liée à la congestion croissante des zones urbaines et périurbaines : la « petite » voiture s’impose aujourd’hui comme une des rares solutions à une mobilité individuelle motorisée économiquement et écologiquement tolérable.
