La 5G, nouvelle priorité de l'industrie automobile

(Paris, le 28 février 2017)

A Barcelone, pendant le Mobile World Congress, on ne parle que d’elle. Elle? C'est la 5G. Le futur réseau à très haut débit mobile sera déterminant pour assurer le déploiement des véhicules autonomes.

Car avant que le véhicule ne puisse se mouvoir tout seul, comme la BMW i3 que l’on peut manœuvrer à distance sans personne à bord, à partir d’une Smart Watch et par reconnaissance de gestes, la voiture de demain sera d’abord connectée. Bien sûr, elle l’est déjà grâce à la 4G. C’est ce type de puce, par exemple, qu’Opel intègre dans ses autos en lien avec le service OnStar, et que Ford va déployer avec Vodafone dès l’an prochain en Europe.

Mais, avec la 5G c’est encore mieux. Pourquoi ? Parce que le très haut débit mobile permet d’échanger des données tout en roulant. Le futur réseau sera idéal pour supporter la communication entre véhicules et l’infrastructure. Il permettra de signaler des bouchons, des accidents ou toute autre source de danger (véhicule en panne, route glissante) en quasi temps réel.

Pour peu que les constructeurs s’entendent sur un protocole de communication commun, et ils en ont pris l’engagement pour 2019, une Mercedes pourra signaler un danger à une Renault. Tout cela se fera en une fraction de seconde, et sous la forme de codes informatiques qui déclencheront des alertes sur le tableau de bord, voire le freinage automatique d’urgence.

BMW est mis en avant par Intel et par l’opérateur coréen SK Telecom, qui ont choisi chacun un modèle de la marque sur leur stand pour marquer leur collaboration. Mais, le constructeur bavarois n’a pas le monopole de la 5G. En France, le groupe PSA mène aussi des tests en partenariat avec Orange et Ericsson.

Le projet a pour nom "Towards 5G" (vers la 5G). Lors des essais, conduits dans l'Est de la France, sur la plateforme Car2Road (un ancien aérodrome en Haute-Saône), les partenaires ont pu mettre en évidence la technologie Cellular V2X (C-V2X). Elle s'avère très utile dans deux cas d'usage liés à la voiture connectée :

- le « See Through ». Il permet d'avertir un véhicule qui suit un autre qu'il n'est pas opportun de doubler et de préciser quel est ce danger ;

- « Emergency Vehicle ». Il signale en temps réel l'approche d'un véhicule de secours, avec la trajectoire suivie, ce qui laisse le temps de se déporter pour le laisser passer.

La latence réduite (17 millisecondes) et le haut débit (100 Mbit/s) offerts par le standard C-V2X permettent de créer entre deux véhicules un flux vidéo haute résolution, afin de signaler des événements en temps réel. Les tests vont se poursuivre avec l'aide de Qualcomm. Ils porteront notamment sur le dialogue entre le véhicule et l'infrastructure et entre le véhicule et le piéton. Ces essais seront aussi élargis à la voiture autonome.

La 5G sera également mise à contribution pour la mise à jour des cartes des systèmes de navigation. Là encore, le réseau pourra absorber les échanges vers le cloud des véhicules dotés de caméras et qui vont scanner la route en permanence pour détecter les changements et faire remonter les informations vers les éditeurs de cartes. A Barcelone justement,  on peut voir chez Qualcomm comment la base de données de TomTom pourra être mise à jour grâce à la 5G. C’est ce qui permettra aux futurs véhicules autonomes d’avoir toujours la bonne information.