Les hackers, un danger pour la voiture autonome?

(Paris, le 21 avril 2017)

Dans le magazine Horizon, qui passe en revue l’actualité de la recherche au sein de l’Europe, un expert de TomTom évoque un cas de figure qui pourrait bien arriver un jour : celui d’un hacker qui prend le contrôle d’un véhicule automatisé. En charge de la recherche au sein de TomTom, le Dr Alexander Kröller est un surdiplômé qui a la particularité d’être à la fois docteur en mathématique et en philosophie. Et ce qu’il dit est assez étonnant. Cet expert estime par exemple que, de la même façon qu’on pourrait dérober des données d’un véhicule connecté, en passant par les réseaux sans fil, un hacker pourrait procéder à distance au vol du véhicule. Le pirate pourrait en tirer profit auprès du propriétaire, voire du constructeur, au moyen d’une rançon. 

Mais, il y a pire encore. Un hacker pourrait très bien, selon M. Kröller, prendre le contrôle et envoyer le véhicule sur une mauvaise voie, ou le mettre en travers d’une route pour provoquer des bouchons. Cela suppose, pour les hackers, d’investir pour mettre au point des virus ou des chevaux de Troie suffisamment élaborés et pouvant se propager à partir d’un serveur. Dès lors, le conducteur aurait la surprise un beau matin de voir l’écran de bord se verrouiller et son véhicule ne plus fonctionner.

Certains automobilistes auront peut-être envie de contourner les restrictions informatiques en « jailbreakant » leur auto, de la même façon qu’on peut bidouiller son téléphone mobile et faire sauter les protections imposées par le fabricant. Mais, c’est risqué.

Pour sa part, TomTom est impliqué dans un projet qui s’appelle SAFERtec*, et qui vise à déterminer quelle est la meilleure façon de protéger les réseaux informatiques de bord. Plusieurs partenaires y participent, dont Fiat et deux sociétés françaises spécialistes de la sécurité des réseaux (Cassidian Cybersecurity et Oppida). On comprend mieux pourquoi la cybersécurité est devenue si importante pour les constructeurs automobiles, et pourquoi l’Europe l’a intégrée dans les priorités concernant sa stratégie en matière de voitures connectées.

(*)Security Assurance FramEwoRk for neTworked vEhicular teChnology